
Plus je consulte les témoignages d'alumni Ensimag, plus je suis étonné par la diversité des parcours et des talents dont notre communauté regorge discrètement.
Notre entretien d'aujourd'hui n'y fait pas exception, mais regardons tout de suite ce que l'écrivain Xavier de Broca, Ensimag 1977 (profil dans notre annuaire), a à nous dévoiler...
Cher Xavier, peux-tu d'abord te présenter ?
Je suis passionné par l’art, particulièrement la
littérature, et par les mathématiques. Par ailleurs j'ai une famille de
quatre enfants.
Comment l'Ensimag t'a aidé de par sa formation à faire tout simplement la carrière et le, ou plutôt les métiers que tu as faits ?
L’ENSIMAG m’a offert une voie que j’ai beaucoup aimée en
me permettant de travailler sur la transformation numérique de la
société. Elle m’a permis d'accéder à des responsabilités humaines
passionnantes en tant que DSI de la Banque BpiFrance, qui a une belle
mission.
J’ai piloté au CIGREF (association des DSI de grands groupes)
des comités sur l’IA. Je m’intéresse à ce domaine depuis longtemps y
compris dans ses orientations transhumanistes qui me conduisent à de
nombreuses interrogations.
À ma retraite, je me
suis plongé dans l’écriture de roman. C'était la possibilité de faire
vivre mes questions sur les ambiguïtés entre homme et IA. Le roman
permet une mise en scène vivante avec intensité et profondeur.
Qu'est-ce que tu penses des développements actuels de l'intelligence artificielle ?
Cela va encore plus vite que ce que je pensais.
Mon
livre était écrit avant ChatGPT, je l’avais positionné en 2030, et il
pourrait se passer déjà maintenant ou presque. L’IA non seulement
progresse vite, mais elle accélère les autres sciences : c’est
l’accélération de l’accélération ! Une super exponentielle…
L’IA est
ambivalente.
C’est l’homme qui est responsable même si elle peut le
dépasser. Aujourd’hui, personne ne peut avoir de certitudes, l’avenir
est illisible entre les scénarios possibles : la golemisation des
hommes, le transhumanisme, l’apocalypse, ou encore l’homme maîtrisant son outil
et son destin en grandissant en ‘sagesse humaine’.
Évidemment je
privilégie ce dernier mais l’ homme en aura-t-il l'intelligence ?
En faisant un travail d'imagination de romancier, où est-ce que tu vois
l'intelligence artificielle arriver et transformer notre monde d'ici à
100 ou 200 ans ?
40 ans déjà, c’est illisible. 100 ans, allons-y !
L’IA
sera partout et en nous sans doute.
Nous serons des hommes augmentés en
espérant que la notion d’être humain existera encore. J’y crois car les
scénarios pessimistes ne m’intéressent pas même s’ils sont plus
probables.
L’homme saura maîtriser son outil et il aura grandi en
limitant les forces négatives dans un univers où le numérique aura pris
la plus grande place, espérons pas la totalité de la place. L’homme
(augmenté) sera assez sage pour préserver les équilibres notamment entre
le réel et le virtuel, entre l humain et la machine, entre la nature et
la culture…
Peut-être l’IA lui imposera-t-elle l’humilité nécessaire ?
Merci Xavier, pour ces perspectives éclairées. Qui nous offrent leur lot de questions comme de réponses.
Au plaisir de poursuive la conversation dans nos commentaires ci-dessous (connexion au site + à DISQUS nécessaires), ou mieux encore, dans les prochaines rencontres-dédicaces en librairie :
Trois rendez-vous :
-- le samedi 22 juin 2024 de 11h à 13h à la librairie Fontaine Auteuil - 41, rue d'Auteuil - 75016 Paris -
-- le dimanche 23 juin 2024 entre 10 et 13 h à La Petite Machine - (47 Rue le Chapelier, 33000 Bordeaux)
Luc Valette E'1992, Président d'Ensimag Alumni